Halloween écologique : est-ce possible ? Chaque année, la fête du 31 octobre génère des milliers de tonnes de déchets plastiques — costumes jetables, décorations en PVC, emballages de bonbons impossibles à recycler. Avant de craquer pour un costume sous blister, voici ce que personne ne vous dit.
Le 31 octobre, des millions d’enfants sonnent aux portes déguisés en vampires et en sorcières. Adorable. Mais derrière les citrouilles et les bonbons se cache un bilan écologique qui, lui, fait vraiment peur.
Des chiffres à faire frissonner
En France, un foyer sur deux achète des bonbons pour Halloween, soit 49 millions de paquets vendus. Et 83 % des costumes utilisent des plastiques à base de pétrole non recyclables — l’équivalent de 2 000 tonnes de déchets plastiques, ou 83 millions de bouteilles.
Plus inquiétant encore : le polyester, utilisé dans plus de 63 % de ces costumes, peut mettre entre 20 et 200 ans à se décomposer. Un costume porté trois heures. Deux siècles dans une décharge. Le rapport est brutal.
Le costume : pire que la fast fashion
Les costumes d’Halloween sont la pire forme de fast fashion. Les enseignes les produisent à partir de matériaux synthétiques bon marché, fabriqués en Chine ou au Bangladesh, sur-emballés dans du plastique, conçus pour une seule nuit. Après le 31 octobre, direction la poubelle — quand ce n’est pas le trottoir.
Au Royaume-Uni, plus de 7 millions de costumes sont jetés chaque année après Halloween. En France, le phénomène est en pleine croissance depuis dix ans, porté par les réseaux sociaux et une pression commerciale de plus en plus agressive dès le mois de septembre.
Les décorations : le scandale oublié
On parle beaucoup des costumes, beaucoup moins des décorations. Toiles d’araignée en plastique, squelettes en PVC, guirlandes lumineuses jetables, citrouilles artificielles fabriquées à l’autre bout du monde… Les décorations sont en réalité la partie la plus polluante d’Halloween, car elles contiennent des quantités excessives de plastiques à usage unique.
Voir aussi – Apprendre à ses enfants la consommation responsable : par où commencer ?
Et les bonbons ? Les emballages de confiseries contiennent du plastique quasi impossible à recycler. Multipliés par 49 millions de paquets vendus en France, le calcul est vertigineux.
Faut-il supprimer Halloween ?
Non. Mais il faut le repenser. Car l’enjeu n’est pas de priver les enfants de leur fête préférée — c’est de sortir d’un modèle commercial qui a transformé une tradition festive en machine à déchets.
Concrètement, c’est possible :
- Le costume de seconde main : friperies, Vinted, troc entre voisins — un vampire des années 90 fait toujours peur
- Le costume fait maison : un drap troué, du maquillage naturel, quelques accessoires récupérés — souvent plus créatif qu’un costume sous blister
- Les décorations réelles : citrouilles vraies (compostables et mangeables), bougies végétales, branches et feuilles mortes ramassées dehors
- Les bonbons en vrac : de plus en plus de magasins proposent des confiseries sans emballage individuel à l’approche du 31
En résumé
Halloween ne doit pas faire peur à vos enfants — il doit faire peur à votre poubelle. Cette année, un seul défi : que le costume ne finisse pas à la décharge le 1er novembre. C’est effrayant comme objectif ? Non. C’est juste du bon sens.

