Le maillot de bain écoresponsable est partout cet été. Chaque marque y va de sa collection « verte », de son tissu recyclé, de son engagement pour les océans. Mais derrière les belles étiquettes, que se passe-t-il vraiment ? On démonte les idées reçues, sans filtre.
Un maillot de bain coloré, une étiquette « recyclé », un prix qui fait mal.
Et la bonne conscience en prime. Mais derrière le marketing estival des marques « responsables », la réalité est souvent bien moins reluisante. Accrochez-vous.
Le grand mensonge de l’élasthanne
90 % des maillots de bain contiennent de l’élasthanne ou du nylon. En l’occurrence, deux matières synthétiques dérivées du pétrole. À chaque lavage, ces textiles libèrent des microplastiques directement dans les eaux usées. Des microfibres si petites qu’elles passent les filtres des stations d’épuration et finissent… dans l’océan. Celui-là même que vous admirez depuis la plage.
Un seul lavage d’un vêtement synthétique libère jusqu’à 700 000 microfibres. Multipliez par les millions de maillots lavés chaque été.
« Recyclé » ne veut pas dire propre
Les maillots fabriqués à partir de bouteilles plastiques recyclées ou de filets de pêche récupérés — comme ceux en Econyl — ont le vent en poupe. C’est mieux que du nylon vierge, indéniablement. Mais ces matières restent du plastique. Elles libèrent elles aussi des microplastiques au lavage. Et leur production nécessite toujours des procédés chimiques énergivores.
« Recyclé » signifie qu’on a utilisé une matière existante. Pas qu’on a résolu le problème.
Les conditions de fabrication : le silence radio
Une marque peut afficher « éco-responsable » sur son maillot tout en le faisant coudre dans une usine au Bangladesh où les ouvrières sont payées 80 € par mois. Il n’existe aucun label obligatoire en Europe liant à la fois impact environnemental et conditions sociales de fabrication.
Voir aussi – Greenwashing en supermarché : comment repérer les arnaques écologiques | Vivre Éthique
Résultat : beaucoup de marques communiquent sur le tissu recyclé, et font l’impasse totale sur le reste de leur chaîne de production.
Et la fast fashion s’y met aussi
Shein, H&M, Zara, tous ont désormais leur ligne « sustainable » ou « conscious ». Des collections capsules vertes dans un modèle de surproduction massive. C’est du greenwashing à l’état pur, et c’est exactement ce qu’on décryptait dans notre article sur les arnaques du supermarché.
Alors, que faire concrètement ?
- Garder son maillot existant : le maillot le plus éthique est celui qu’on possède déjà
- Acheter en seconde main : Vinted, Vestiaire Collective, vide-greniers — le marché de l’occasion explose
- Choisir des marques certifiées GOTS ou Oeko-Tex, qui garantissent des critères environnementaux et sociaux vérifiés
- Laver à froid et peu souvent pour limiter le rejet de microfibres
- Investir dans un sac de lavage anti-microfibres type Guppyfriend — efficace et peu coûteux
Le vrai geste éthique
Ce n’est pas d’acheter un maillot « recyclé » à 120 €. C’est d’acheter moins, mieux, et plus longtemps. L’industrie textile est le deuxième secteur le plus polluant au monde. Chaque achat est un vote. Cet été, votez utile.

