Crème solaire et océans : comment choisir sans détruire les coraux | Vivre Éthique

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Chaque été, des millions de baigneurs s’enduisent de crème solaire avant de plonger dans les océans. Un geste de santé évident. Mais ce que peu savent, c’est qu’une partie de cette crème se rince directement dans la mer. Outre le fait de produire des ravages silencieux.

Des chiffres qui donnent froid dans le dos

Entre 4 000 et 6 000 tonnes de crème solaire se retrouvent chaque année dans les récifs coralliens, tandis que 15 000 à 25 000 tonnes finissent dans les mers et océans. Ce ne sont pas des déchets visibles. Ce sont des molécules chimiques invisibles, dissoutes dans l’eau, qui s’attaquent à des écosystèmes entiers.

En fait, 50 % des espèces marines sont abritées par les récifs coralliens. 500 millions d’êtres humains dépendent des services écosystémiques qu’ils produisent. Et pourtant, 30 % des récifs coralliens ont déjà été irrémédiablement perdus ces 30 dernières années.

Les coupables : l’oxybenzone et l’octinoxate

Ces filtres chimiques sont documentés comme toxiques pour les larves de corail à des concentrations mesurées dans les zones côtières touristiques. Concrètement, les coraux expulsent les algues symbiotiques capables de les protéger des toxines produites à partir de ces substances — ce qui provoque leur blanchissement, puis leur mort.

Les produits chimiques des crèmes solaires peuvent également s’accumuler dans les tissus des poissons et d’autres organismes marins. Notamment en entraînant des perturbations hormonales et des anomalies de développement, avec des répercussions sur toute la chaîne alimentaire.

En 2023, l’ANSES a mis en évidence les risques posés par plusieurs substances chimiques pour le milieu marin. Ceux-ci figurent parmi les filtres UV les plus problématiques.:

  • l’octocrylène,
  • la benzophénone-3,
  • l’octinoxate,
  • l’enzacamène.

Attention au greenwashing solaire

Vous avez repéré une crème estampillée « ocean respect » ou « corail friendly » ? Prudence. La mention « ocean respect » signifie que le packaging est recyclable ou biodégradable. Cela ne signifie pas que la crème à l’intérieur est sans danger pour les récifs. Vous pouvez acheter une crème parfaitement bien emballée qui, une fois dans l’eau, libère des filtres chimiques toxiques.

Que choisir alors ?

La réponse tient en deux mots : filtres minéraux. Le dioxyde de titane (TiO₂) et l’oxyde de zinc (ZnO) ont un profil environnemental nettement plus favorable que leurs homologues chimiques. Ils agissent en formant un écran physique sur la peau plutôt qu’en pénétrant dans la peau et l’eau.

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Quelques réflexes supplémentaires :

  1. Appliquer la crème 30 minutes avant de se mettre à l’eau pour limiter le rinçage immédiat
  2. Porter un t-shirt ou un lycra pour réduire les zones à enduire
  3. Éviter les sprays, qui se dispersent dans l’air et l’eau bien plus facilement que les crèmes

Pour résumer protéger du soleil est indispensable

Cependant, le choix de sa crème solaire ne reste pas anodin pour les océans, pour les coraux et pour les espèces marines. Cet été, retournez le tube avant de l’acheter. Deux mots suffisent à faire la différence : oxyde de zinc.

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